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Nicole, membre du CE Fédéral Métaux et Patrick, responsable Départemental

Pas facile, à BREST de Vivre l'an 2000, quand on bosse dans la navale. Pourtant après l'importante lutte de 1997 nous pensions avoir convaincu l'ensemble des acteurs économiques et politiques de la nécessité d'avoir sur BREST une industrie de la navale à la hauteur de ses ambitions. Le site est remarquable, les cales de radoub importantes, les savoir-faire et les compétences incontestables.

En 97, ils voulaient supprimer 1500 emplois sur les 2000 existants dans la sous-traitance. Cette politique au travers du conflit existant se poursuit. Pourtant des décisions importantes avaient été prises en 97, construction de 2 plates-formes offshore, mise en place de mesures particulières permettant notamment le maintien des compétences brestoises. 3 ans se sont donc déroulés pour leur part, les salariés ont relevé les défis technologiques et ainsi livré dans les délais les 2 plates-formes SFX. Force est de constater que pendant ce temps le patronat brestois et le gouvernement n'ont pas profité de l’événement pour dégager des pistes industrielles durables.

La non-participation de DCNI au congrès d'Houston est une image parfaite de l'incapacité de l'Etat à s'engager de façon volontaire et dynamique pour le maintien des emplois.

Du côté du patronat brestois, c'est l’égoïsme industriel, le chacun pour soi, les querelles permanentes qui ont tué toute initiative territoriale et ainsi aucun projet ambitieux n'a pu exister.

Ce conflit du carénage reflète, hélas, de façon flagrante ces attitudes. Dans ce secteur 220 salariés travaillent seulement 60 emplois sont actuellement disponibles. Sur 4 entreprises existantes, une seule a obtenu la commande. Le résultat ne s'est pas fait attendre. La première entreprise, TMTB, la veille de la paye dépose son bilan, 82 salariés sont méprisés et l'ensemble des administrations sont mises devant le fait accompli. L'autre entreprise, ATS, annonce son dépôt de bilan, là, 62 salariés sont jetés à la rue comme des malpropres. La colère gronde, la CCI est occupée. C'est un symbole elle est gérée par les patrons !

Les salariés, avec la CGT font des propositions, 70 emplois sont disponibles, EGMOCAR, l'entreprise ayant gagné les derniers marchés a un potentiel de 35 salariés. 35 emplois sont donc disponibles, 35 contrats de travail doivent donc glisser chez le nouvel attributaire. Le vrai responsable de l'emploi, c'est le Ministère de la Défense. Nous avons recensé des emplois disponibles tant à DCN que dans la Marine (plan Proxima). Nous exigeons la mise en disponibilité immédiate de ceux ci pour les caréneurs. Nul n'ignore les règles existant dans notre pays en cas de projet de licenciement. Enfin, le secteur de la construction et la réparation navale ont été retenus dans le cadre du départ anticipé "amiante". Il s'agit ici de mesures de santé publique, la responsabilité du patronat et du donneur d'ordre est lourde. Il faut le savoir, les salariés ayant travaillé 30 ans dans le métier peuvent partir à 50 ans et en pleine santé ! Cependant, ils ne perçoivent par cette mesure que 60% de leur salaire brut soit 6000 francs pour 10 000 balles brut. Ça fait pas le compte !

Ici, il est possible de dégager des solutions permettant de rendre le dispositif plus acceptable cela passe notamment par la capitalisation du congé de conversion. C'est un plus pour le salarié, c'est une économie pour l'Etat. Pour l'instant, les travailleurs ont émis leurs propositions, hélas, du côté de l'Etat il n'a pas encore été possible de satisfaire les espoirs des salariés. Sur le fond de ce dossier amiante de Brest, nous souhaitons rappeler notre réflexion de bon sens. La première hypothèse c'est bien entendu d'augmenter le niveau de l’indemnisation. La CGT ouvre le débat sur un niveau à 75%.

D'autre part l'amiante se situe dans le domaine des maladies professionnelles c'est donc au regard des dispositifs existants qu'il faut bâtir un projet cohérent.

  1. Les salariés sont en bonne santé. Pourquoi ne pas s'appuyer sur leurs propres ressources pour leur permettre de recevoir une rémunération digne de ce nom ? Pour les invalides 1ère catégorie, il existe un dispositif qui permet à ceux ci de poursuivre une activité en sus de leur indemnisation. Bien entendu, le cumul des 2 ne peut être supérieur au salaire de référence ayant servi au calcul de l'indemnité. Il faut donc sauter la clause de non-cumul et permettre aux salariés d'avoir une activité salariée et ainsi d'exister dans la société des actifs et lutter contre l'activité dissimulée.
  2. Les rentes "accident du travail" et "maladies professionnelles" ne sont pas assujetties à la CSG ni à la RDS. Il est donc de bonne gestion que les dispositifs tournant au tour de l'amiante soient gérés de la même manière.

  3.  Les indemnités journalières "Accident du Travail" et "maladie professionnelle" ne sont pas assujetties à   l'impôt. Pour une cohérence des dispositifs, il apparaît logique d'appliquer cela au dispositif "amiante".

Chacun le voit, il y a beaucoup de légitimité dans ces propositions, il faut donc que le Gouvernement les prenne en compte.